L'espace opinion Cameroun ne prend parti ni pour le regime, ni pour l'opposition. Il ne denonce pas. Il ne milite pas. Il documente — par la voix des citoyens eux-memes — ce qui compte reellement dans leur vie.
Campagne 1 — Classement des priorites de vie
"Cameroun : qu'est-ce qui compte le plus dans votre vie ?"
Quinze sujets. Chacun note de 1 a 5. Dix besoins concrets de la vie quotidienne — emploi, logement, pouvoir d'achat, acces aux soins sans payer au noir, education, eau potable et electricite fiable, financement de projets, vieillesse digne, securite du quartier, justice non corrompue — et cinq debats recurrents de l'espace public camerounais : le tribalisme, la crise anglophone, la longevite du president au pouvoir, la succession presidentielle, le federalisme.
Le mot "debat" fait tout le travail. Les dix premiers sujets sont des problemes a resoudre. Les cinq derniers sont des discussions. Le citoyen camerounais voit immediatement la difference de nature entre acceder a l'eau potable et debattre du tribalisme. Quand les resultats agreges montrent que l'emploi, l'eau et la sante dominent massivement le classement — et que le tribalisme se retrouve dans les dernieres positions — les donnees parlent d'elles-memes. Sans qu'une seule opinion ait ete emise par la plateforme.
Campagne 2 — Interrogation publique sur la Constitution
"Interrogation publique sur le respect de la Constitution au Cameroun"
En mars 2026, une petition citoyenne a denonce plusieurs evolutions institutionnelles comme contraires a la Constitution camerounaise : la revision constitutionnelle de 2008 supprimant la limitation des mandats, la creation d'un poste de vice-president avec succession automatique absent de la Constitution originale, les prorogations successives des mandats des deputes en violation de l'article 15 alinea 4, les prorogations des mandats municipaux sans elections locales.
Cette campagne ne demande pas de signer une petition. Elle ne demande pas de soutenir un camp. Elle presente les faits constitutionnels — les articles, les dates, les textes — et demande au citoyen sa position. Quatre choix : je soutiens cet appel au respect de la Constitution, je ne le soutiens pas, je suis partage, je ne me prononce pas.
La difference avec une petition est fondamentale. Une petition ne mesure que le soutien. Cette consultation mesure la repartition des positions — pour, contre, indecis, abstention. Le resultat est incontestable parce qu'il inclut toutes les voix.
Campagne 3 — Le miroir de conscience democratique
"Si vos besoins fondamentaux etaient satisfaits, lesquels de ces debats compteraient encore ?"
C'est la question que personne ne pose au Cameroun. Une experience de pensee. Imaginez un Cameroun ou l'emploi est accessible, le logement abordable, les hopitaux fonctionnent, les ecoles sont de qualite, l'eau coule au robinet, l'electricite ne coupe pas. Un Cameroun ou les dix besoins fondamentaux de la campagne 1 sont satisfaits.
Dans ce Cameroun-la, le tribalisme aurait-il encore la meme importance ? La crise anglophone serait-elle encore aussi brulante ? La longevite du president au pouvoir poserait-elle encore le meme probleme ?
Le citoyen retrouve les cinq debats et repond pour chacun : oui, ce debat resterait important meme si mes besoins etaient satisfaits — ou non, il perdrait de son importance.
Le croisement des trois campagnes
La campagne 1 revele ce qui compte pour les Camerounais. La campagne 2 revele la fracture institutionnelle. La campagne 3 revele ce qui divise reellement — et ce qui ne diviserait plus si les besoins etaient satisfaits.
Le croisement des trois produit un diagnostic de conscience nationale documente, chiffre, territorialise. Les conclusions ne viennent pas de la plateforme. Elles viennent des citoyens. La plateforme pose les questions. Les citoyens repondent. Les donnees parlent.